dimanche 22 novembre 2009

Massive Attack live à Tournefeuille

C'est en compagnie d'Ultimatom que je me suis rendu jeudi soir au concert de Massive Attack qui avait lieu au Phare à Tournefeuille.

La première partie était assurée par l'ex-égérie de Tricky, Martina Topley-Bird, accompagnée d'un Ninja (?!) à la fois batteur et guitariste. Affublée d'un maquillage autour des yeux digne de celui de Luke Steele d'Empire of the Sun, elle a ainsi interprété quelques chansons de ses deux albums, Quixotic (2003) et The Blue God (2008).
Pour ma part je ne connaissais que les chansons Sandpaper Kisses et Lullaby, tirées de Quixotic ; la seconde a d'ailleurs servi de musique de pub pour le parfum Flower by Kenzo. Mais seule la première a été interprétée lors du concert, par une Martina armée d'un bâton de pluie :

Sandpaper Kisses

Phoenix

Too Tough to Die


L'un de mes moments préférés de cette première partie est lorsque Martina s'est mise à interpréter une ballade au clavier tandis que son Ninja produisait divers bruitages à l'aide de multiples gadgets ; les passages où Martina superposait des samples de sa voix avec sa loop station étaient sympathiques aussi.

Voilà pour la première partie, bye bye monsieur le Ninja, et à tout à l'heure Martina !
Eh oui ! MTP n'était pas là que pour assurer la première partie, elle comptait aussi parmi les invités sur scène de Massive Attack... ce qui n'a rien d'étonnant vu qu'elle a participé au récent EP des bristoliens Splitting the Atom en chantant sur Psyche (Flash Treatment).

Il faut savoir que cette tournée précède la sortie du prochain album de Massive Attack, Weather Underground Heligoland, prévu le 8 février 2010, ce qui explique la présence de nombreux titres inédits lors du show ; je m'y étais en partie préparé en "révisant" quelques vidéos live sur Youtube, mais cela ne m'a pas empêché de me retrouver confronté à des morceaux que je n'avais jamais entendus, et ce dès le début du concert !
Je comprends l'envie du groupe de tester des chansons en concert avant d'en livrer une version studio définitive, mais il est quand même plus difficile pour le spectateur d'apprécier une chanson qu'il découvre pour la première fois qu'une chanson qu'il connaît par cœur... Cela s'est senti quand, après deux ou trois inédits, le groupe a livré une formidable version de Risingson (un des meilleurs titres de leur troisième album Mezzanine), plongeant le public dans une ferveur incomparable, surtout quand le guitariste joue avec les nerfs des spectateurs en faisant trainer plus que de raison un certain passage (entre 2:32 à 2:43 sur la vidéo ci-dessous) :



Comme vous pouvez le voir sur la vidéo, l'aspect visuel du spectacle était assuré par un immense écran situé sur le fond de la scène... enfin, plus précisément, plusieurs mini-écrans longilignes répartis en 10 bandes horizontales, sur lesquels ont défilé, entre autres : des noms de drogues, de simples effets de lumière, des nombres en binaire et en hexadécimal, des dépêches info du jour-même (allant du people à la fameuse main de Thierry Henry lors du match France-Irlande de la veille, en passant par la polémique autour de notre président et de sa "participation" à la chute du Mur de Berlin), des citations autour de la liberté (de Nelson Mandela, Malcolm X, et même du Prisonnier !), des vidéos en monochrome de manifestations contre la guerre en Iraq, des drapeaux de divers pays parmi lesquels s'intercalaient progressivement des logos de célèbres multinationales...
Cela faisait beaucoup de choses à voir et à lire (trop ?), et je me suis surpris à plusieurs reprises à complètement oublier la présence du groupe sur scène, totalement absorbé par la lecture des textes et porté par la musique !
Détail appréciable, ces derniers étaient en français ; cependant certains caractères spéciaux ne s'affichaient pas convenablement (les apostrophes et les "î" étaient ignorés, et les "à" étaient remplacés par des "x"), et on a eu droit à un "audacité" digne de la "bravitude" d'une certaine Ségolène R. ! Le groupe, même s'il était peu loquace entre les chansons, a fait l'effort de parler en français (et pas juste le "mercy beaucoup" de base, non, de vraies phrases ! D'ailleurs Martina a fait de même pendant la première partie).

3D au centre, tandis que derrière lui défilent des dépêches (photo : Ultimatom)

Côté invités, outre Martina sur Teardrop et l'inédit Red Light, on a eu droit bien entendu au vétéran Horace Andy (compagnon de Massive Attack depuis les débuts du groupe, seul chanteur a avoir participé à tous leurs albums) sur Angel et l'inédit 16 Seeter, et à l'opulente Deborah Miller sur Safe From Harm.

Horace Andy sur Angel (photo : Ultimatom)

Côté tracklist, en dehors des inédits, c'est l'album Mezzanine qui était à l'honneur : Outre les chansons déjà citées, on a eu droit à la chanson titre et à Inertia Creeps. Je craignais que
100th Window ne passe à la trappe, ce quatrième album ayant été réalisé par Robert Del Naja (3D) sans Grant Marshall (Daddy G), mais on a quand même eu droit à la chanson d'ouverture Future Proof.

Future Proof et ses lignes de 0 et de 1 (photo : Ultimatom)

Il faut dire que Daddy G était peu présent sur scène, donnant l'étrange impression qu'il n'était qu'un guest parmi les autres : Malgré son retour dans le groupe en 2006, on sent que désormais Massive Attack repose essentiellement sur la personnalité de 3D.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, il a fallu se résoudre à voir le groupe quitter la scène ; heureusement les applaudissements du public ont réussi à faire revenir 3D, Daddy G, Horace Andy et Martina pour interpréter Splitting the Atom, les 3 garçons s'occupant du chant tandis que madame les accompagnait au clavier.
Puis tout ce beau monde est reparti, à l'exception de Daddy G qui s'est installé derrière les platines et a fait retentir un sample capable à lui-seul de déclencher l'hystérie du public, un "heyhey heyhey" annonciateur de grands frissons à venir : L'énormissime Unfinished Sympathy, interprété magistralement par Deborah Miller ! Un grand moment, et une occasion pour Grant Marshall de briller un peu loin de l'ombre envahissante de 3D ; ça m'a fait regretter qu'il n'ait pas occupé le poste de DJ sur d'autres titres du concert, certains morceaux auraient pu être réécrits dans cette optique et donner lieu à des choses intéressantes...
Le dernier morceau du rappel a été un autre titre inédit, Marakesh, interprété par Del Naja... suivi d'une longue salve d'applaudissements, et d'un ultime rappel : Karmacoma, permettant aux deux membres du groupe de rapper ensemble un nouvelle fois avant de prendre congé - pour de bon - du public.

Bref, une formidable soirée : Vivement qu'une captation d'un concert sorte en DVD !
Ultimatom a d'ailleurs à sa façon immortalisé l'évènement par une illustration sur son blog.

La page Myspace de Martina Topley-Bird.
La page Myspace de Massive Attack.

Massive Attack en écoute sur Deezer.

Le compte rendu du concert qui a eu lieu au Zénith de Paris le 11 novembre, par Gilles Médioni.

[edit le 25/11/09] : Finalement le cinquième album de Massive Attack ne s'appellera pas Weather Underground mais Heligoland (source : Magic RPM).

2 commentaires:

Ultimatom a dit…

Merci pour ce compte-rendu très complet.

Même si Daddy G était moins présent sur scène (moi qui connaît moins bien le groupe que toi, j'ai eu l'impression qu'il venait en touriste), c'est lui qui a recueilli le plus d'applaudissements lors de l'entrée du groupe sur scène.

gilles a dit…

merci pour votre commentaire sur le blog allaccess/lexpress etbravo pour votre post